BO
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Bulletin
Officiel
de l'Education
Nationale
N°42 du 25
novembre
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1999
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www.education.gouv.fr/bo/1999/42/ensel.htm
- vaguemestre@education.gouv.fr
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ENSEIGNEMENTS
ÉLÉMENTAIRE ET SECONDAIRE
INTÉGRATION
SCOLAIRE
Scolarisation
des enfants et adolescents handicapés
NOR : MENE9902455C
RLR : 501-5
CIRCULAIRE
N°99-187 DU
19-11-1999
MEN - DESCO
MES - DAS
Texte adressé aux recteurs
d'académie ; aux préfets de région ; aux
directeurs régionaux des affaires sanitaires et sociales ; aux
inspecteurs d'académie, directeurs des services
départementaux de l'éducation nationale ; aux
préfets de département ; aux directeurs
départementaux des affaires sanitaires et sociales
La scolarisation est un droit
La scolarisation de tous les enfants et adolescents, quelles que
soient les déficiences ou maladies qui perturbent leur
développement ou entravent leur autonomie est un droit
fondamental.
Tous les jeunes, quels que soient
les besoins éducatifs qu'ils présentent, doivent
trouver dans le milieu scolaire ordinaire la possibilité
d'apprendre et de grandir avec les autres pour préparer leur
avenir d'hommes et de femmes libres et de citoyens.
Ce droit à l'éducation
doit être conjugué avec le droit à la
santé qui permet à l'élève
handicapé ou malade de bénéficier des soins ou
rééducations que nécessite son état,
grâce notamment à l'intervention des services de soins
ou des services spécialisés.
Lorsque la prise en charge globale
doit s'effectuer dans un environnement spécialisé, les
jeunes sont accueillis dans les établissements
médico-éducatifs où une scolarisation
adaptée de qualité leur est également
accessible.
L'accueil est un devoir
Chaque école, chaque collège, chaque lycée a
vocation à accueillir, sans discrimination, les enfants et
adolescents handicapés dont la famille demande
l'intégration scolaire.
Il ne sera dérogé
à cette règle générale que si,
après une étude détaillée de la
situation, des difficultés importantes rendent objectivement
cette intégration impossible ou trop exigeante pour
l'élève.
Des solutions alternatives doivent
alors impérativement être proposées dans le cadre
des commissions de l'éducation spéciale : orientation
vers le secteur médico-social, recours au Centre national
d'enseignement à distance, assistance pédagogique
à domicile.
De la même façon, et
comme le prévoit la loi, l'établissement ou le service
médico-social a l'obligation d'accueillir tous les enfants ou
adolescents handicapés orientés par la CDES
conformément à l'agrément de cet
établissement ou service.
L'intégration scolaire est un moyen de l'intégration
sociale
L'école a pour mission de préparer chaque
génération à façonner un monde plus
juste, plus tolérant et plus solidaire.
L'intégration des personnes
handicapées dans une société respectueuse de
leur dignité et soucieuse d'atténuer les
désavantages de leur situation ne peut se réaliser que
si, dès le plus jeune âge, tous les enfants apprennent
à l'école à se connaître, à se
côtoyer, à se respecter et à
s'entraider.
C'est le but de l'intégration
scolaire qui n'est elle-même que le premier moyen de
l'intégration sociale de la personne
handicapée.
Pour être pleinement efficace,
l'intégration scolaire nécessite d'être
préparée et soutenue.
La démarche de l'intégration est le projet
individualisé
Pour atteindre ces objectifs, il faut toujours conjuguer dans une
démarche commune les attentes du jeune et de sa famille,
l'action des enseignants et celle, indispensable, des équipes
de soins et d'accompagnement. C'est la démarche du projet
individualisé qui s'appuie sur une évaluation
précise et continue des besoins de chaque enfant et de chaque
adolescent, à partir de laquelle les adaptations et les
assouplissements qui s'imposent sont définis.
Cette méthode exige un
dialogue permanent et constructif, une collaboration active où
chacun respecte les contraintes de ses partenaires dans le souci
commun d'apporter la réponse la plus ajustée à
l'ensemble de besoins éducatifs et rééducatifs
du jeune handicapé.
La méthodologie du projet
individualisé est commune aux jeunes bénéficiant
d'une scolarisation en intégration, individuelle ou
collective, et à ceux accueillis dans les
établissements sanitaires et médico-sociaux.
Le projet d'intégration doit être évolutif
Il est nécessaire de prendre en compte de façon
dynamique les changements survenant dans la situation de chaque
enfant et de chaque adolescent : les progrès de ses
acquisitions, les incidences de son développement et les
évolutions de son handicap.
Il faut donc considérer
qu'aucune décision n'a de caractère définitif.
L'avenir de chaque enfant mérite que les professionnels se
penchent régulièrement sur sa situation avec la
préoccupation de rechercher toutes les améliorations
envisageables.
Chaque partenaire du projet, et en
tout premier lieu la famille de l'enfant concerné, peut donc
à tout moment demander que soit revu tel ou tel
élément de son projet individuel, aussi bien par
l'équipe éducative que par les commissions de
l'éducation spéciale. On sortira ainsi de la
fatalité de parcours trop souvent encore inscrits dans des
filières rigides, et l'on donnera le droit à chaque
jeune handicapé de construire son projet de vie.
Dans cette perspective,
établissements scolaires et établissements
médico-sociaux s'inscrivent dans des logiques de
continuité et de complémentarité, et veillent
à éviter toute césure dans les projets
d'intégration.
La ministre déléguée,
chargée de l'enseignement
scolaire
Ségolène
ROYAL
La secrétaire d'État auprès
du ministre de l'emploi et de la
solidarité,
chargée de la santé et de l'action sociale
Dominique GILLOT
N.B. - Cette circulaire ainsi que
la suivante seront prochainement publiées au Bulletin officiel
du ministère de l'emploi et de la
solidarité.